Qui suis-je?
Mon histoire
Des fois dans la vie, on fait quelque chose qui semble
anodin sur le coup mais qui finit par s’amplifier au point de devenir
complètement excessif. En ce qui me concerne, quelque part en 2007, j’ai
entrepris de me rendre de mon appartement à côté de l’UdeM jusque chez mes
parents à Mont-Saint-Hilaire. Je n’étais pas prêt. Après 40 km de zigonnage, j’ai
fini par arriver dans un état dégueulasse en me disant que c’était impossible
de rouler plus que ça.
L’été suivant, j’allais travailler 5 jours par semaine à
vélo. Ça me faisait 32 km par jour et c’était facile. Je travaillais avec du
monde pas vraiment en forme et ils étaient flabergastés. Vers la fin de l’été, j’ai fait mon premier
100 km, un allé retour Marieville - Waterloo. Ça l’a été pénible. En fait, ce
fut cruellement atroce. Je n’avais rien mangé et rien bu. Le froid et le noir
du mois d’octobre étaient pesants. Je suis arrivé complètement détruit en me
disant que c’était impossible de rouler plus que ça.
Fast foward 2 ans et, suite à une entrevue (infructueuse) au
cégep de Sainte-Foy, je suis revenu chez moi à Saint-Hubert à vélo. Environ 300
kilomètres sur la route 138, de nuit. J’avais appris qu’il faut manger et boire
dans la vie mais je n’avais pas appris quoi. Mon alimentation était composée de
McDo, de sandwichs de dépanneur et de Red Bull. Ça m’a pris 16 heures. Je suis
arrivé exténué en me disant qu’il que c’était impossible de rouler plus que ça.
L’année suivante, en 2012, j’ai roulé Rouyn-Noranda à
Montréal avec mon ami François. On parle de 650 km en une semaine. Ça l’a
plutôt bien été. C’est quand même une surprise parce qu’on s’est littéralement saoulé
la gueule à tous les jours et mangé principalement de la poutine et de la
pizza. Malgré tout, notre moyenne de 93 km par jour était facile à maintenir et
on s’en est bien sorti!
Les années qui ont suivi, j’ai fait moins de grandes rides
mais j’ai amélioré ma régularité. J’ai commencé à aller travailler au cégep de
l’Assomption (104 km) 3 jours par semaines. En 2014, j’allais travailler de
Saint-Hubert au cégep de Granby (136 km aller-retour) et au collège Ahuntsic
(36 km aller-retour) de manière quotidienne. Au début de l’été, je suis allé
avec François à Québec. C’était le même itinéraire que celui que j’avais fait
de nuit quelques années auparavant, mais dans l’autre direction. Cette fois-ci,
j’avais des meilleures notions de nutrition sportive (ok c’était facile à
battre). On est parti le matin de Longueuil, arrivé le soir à Québec, revenu en
bus de nuit et une fois la boucle complétée, j’ai réalisé que j’aurais pu rouler
un peu plus encore.
C’est pour ça que cet été-là j’ai pris mon pack-sac que j’ai
à peine rempli et je me suis rendu à Virginia Beach. 1580 km tout seul dans les
Adirondack et les campagnes de la côte est américaine. Le rythme se situait
quelque part entre "intense" et "exagéré" avec une moyenne
de 225 km par jour de déplacement. Pendant que j’étais tout seul dans des
chambres d’hôtel, j’ai décidé d’écrire des histoires de voyage que j’envoyais à
ma famille proche. J’ai bien aimé ça. Cette fois-là, étrangement, il y a eu
quelque chose de différent. Évidemment que je suis arrivé exténué en me disant que
c’était impossible de rouler plus que ça mais en posant le pied sur la plage,
je savais très bien que ce n’était pas assez loin et que j’aurais dû rouler
plus.
C’est ce que j’ai fait l’année suivante. Lors d’une bulle de
motivation, j’ai repris la route vers le sud à travers les Adirondack et je me
suis rendu all the way jusqu’à Miami. Sans blague, ce fut un voyage épique. J’avais
fait un site web où je publiais des histoires de voyages et des photos à
chacune de mes journées. À la fin, ça m’a donné un superbe récit de 179 pages,
vraiment divertissant mais remplis de fautes à causes des claviers américaine
pas d’accents. J’en ai même profité pour faire une analyse comparative
approfondie des pizza de la côte est américaine. En arrivant à Miami, j’avais l’impression
d’être allé assez loin.
Ce feeling a duré 10 ans et pendant ce temps, j’ai fait une
couple de trucs. Notamment, par pur plaisir, un bac en informatique qui m’a
pris littéralement 31 sessions. J’ai aussi travaillé comme un mongol (5 cours
différents en 2 cégeps en 2020!). Évidemment, j’ai continué de rouler! Une
couple de 300+ km à chaque année. Pour une moyenne d’environ 7k km par année.
Maintenant, je n’ai plus l’impression que j’ai été assez
loin.
Ça tombe bien parce que ma belle-sœur demeure à Tofino et a
décidé de se marier alors je me suis dit que c’était un bon prétexte pour
prendre mon pack-sac, le remplir à peine et pédaler non-stop en espérant ne pas
arriver en retard. J’estime à 70-80% les chances que je me rende. Si ce n’est
pas le cas, bien j’aurai essayé et je me dirai que j’ai atteint ma limite
physique absolue et que c’est impossible d’en faire plus. Je suis bon pour ça.
Peut-être que ce coup-là ce sera assez loin. Ou pas. Peu
importe, cette année je m’en vais vers l’ouest.
Phil
détails techniques
Pour ceux que ça l'intéresse, voici un paquet de détails super techniques.